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Des avions sans pilote et des pilotes sans avion : ce que la guerre au Mali nous révèle sur nous-mêmes !

Posté par: Cheikh Tidiane DIEYE| Vendredi 01 février, 2013 10:49  | Consulté 8436 fois  |  59 Réactions  |   

Il ne serait pas exagéré de dire que nous sommes tous en danger. Ce que la guerre au Mali nous révèle, c’est que nous sommes d’une effroyable vulnérabilité. Nos Etats sont des Etats « faillis »  et en profonde déliquescence. Peu d’entre eux sont capables de défendre leur propre territoire contre les menaces intérieures ou extérieures.

Raisonnons par l’absurde pour mieux saisir cette singulière et insoutenable faiblesse des Etats africains. Si par la suite de cataclysmes, catastrophes ou toutes autres formes de dangers, les puissances occidentales se retrouvaient dans l’incapacité de vivre sur leurs territoires, et qu’elles soient obligées de trouver d’autres terres pour survivre, je me demande ce qui nous sauverait d’une recolonisation. Et ce serait le moindre mal. Darwin auraient eu raison : les espèces faibles, incapables de se transformer et de s’adapter pour se défendre, finissent par disparaitre. Nous ne risquons peut-être pas de disparaitre, mais nous vivrons encore longtemps sous tutelle, si nous ne changeons pas.

Il y a quelques jours, un ami à moi a fait un lapsus qui a inspiré ce texte. Voulant nous informer de la décision des américains de soutenir l’action militaire au Mali par l’envoi de matériel de renseignement, il a dit que «  les américains ont envoyé des pilotes sans avion ». Ce qui nous a bien fait rire car nous nous sommes dit que cela ne risquait pas d’arriver. Les américains ont bien des avions sans pilotes : les drones. Mais des pilotes sans avions, c’est bien nous qui les avons.

Notre faiblesse ne s’explique pas par notre manque de ressources. Elle est le résultat de notre manque de leadership, de vision et d’ambition pour nous-mêmes et pour les générations à venir. L’Afrique que je vois à travers le Mali en ce moment est celle que je combats tous les jours. Cette Afrique indécise, passive et attentiste, condamnée par ses propres leaders à un si triste sort.

Miné par des querelles internes inutiles, entretenues  par une classe  politique sans génie et indigne de ce peuple au passé si glorieux, le Mali a sombré au premier assaut des hordes barbares venues de Lybie. Et la France était là pour voler au secours de sa colonie.

Je vois d’ici certains intellectuels « afrocentristes », qui n’avaient pour discours que le rejet de la domination, de l’interventionnisme et de l’impérialisme occidental, chercher à retrouver leurs esprits. Je suis choqué, comme de nombreux africains, que ce soit la France qui soit venue faire cette guerre à notre place, trainant derrière ses chars une armée malienne et africaine juste pour faire le décor.  Tout le monde sait que l’intervention française au Mali est une occasion inespérée pour la France d’atteindre trois objectifs simultanés : un objectif diplomatique consistant à s’imposer comme Maitre du jeu dans tout l’espace sahélien à partir de son ancrage du Mali ; d’où elle renforcera son influence dans les pays qu’elle a invités à sa guerre ;  un objectif militaire qui lui donne une présence durable et peut-être définitive au Mali ; et enfin un objectif économique directement lié à ses intérêts au Niger, dans des zones accessibles à partir du Nord Mali. Après son intervention opportune en Côte d’Ivoire, la Guerre au Mali permettra de légitimer la présence contestée de l’armée française dans la région.

Mais qui va s’en plaindre ? Même si je suis dévasté par l’idée de devoir ravaler ma fierté pour constater, encore une fois, que le sort de nos pays dépend plus des autres que de nous-mêmes, je suis bien obligé de me réjouir de l’action militaire de la France. Car autrement, les troupes Jihadistes seraient déjà en train de couper des mains à Kayes, avec pour objectif suivant Kidira.

Nos braves Jambars sénégalais nous sauveraient-ils le cas échéant ? Voir ! Je suis sûr qu’ils en ont le courage, la formation, l’intelligence et l’honneur. Mais en ont-ils seulement les moyens ? C’est toute la question.

Les pilotes africains n’ont pas d’avions. Les bataillons blindés n’ont pas de blindés.  Sur 7 à 8000 militaires prévus pour constituer la force de la MISMA, seulement 2000 environs sont arrivés au Mali après plus d’une dizaine de jours de combat et la libération quasi complète des villes du Nord. Nombre de pays ne peuvent pas transporter leurs troupes sur le millier de kilomètres qui les séparent du front Malien. Il leur faut attendre des avions et autres matériels mis à leur disposition par d’autres. Quand nos dirigeants se réunissent à Addis Abeba, dans un siège de l’union africaine conçu, financé, construit, équipé et offert par la Chine pour seulement 200 millions de Dollars (ce que n’importe quel pays africain aurait pu offrir),  c’est encore pour demander de l’argent et non pour voir comment faire pour que pareille catastrophe ne se reproduise plus sur le continent.

Qu’on ne se plaigne donc pas. Et qu’on ne pleurniche pas sur notre sort comme semblait le faire le Président sortant de l’Union africaine, le Béninois Yayi BONY. Si notre faiblesse est une menace à la paix et la sécurité globale, les autres se donneront toujours le droit, voire l’obligation d’intervenir chez nous pour rétablir les justes équilibres, même si cela se fait à nos dépends. Car tel est le sort des Etats faibles.

Ce qui nous arrive n’est pas de la fatalité. Je ne cesserai jamais de le répéter. C’est de l’irresponsabilité collective. Pendant plus de dix mois, l’Union africaine et la CEDEAO ont tergiversé, incapables de prendre une décision salutaire et honorable. Au lieu de mobiliser et d’armer moralement et matériellement la jeunesse malienne pour aller au front libérer leur pays, les hommes politiques maliens et leur armée se sont battus à Bamako pour contrôler un pouvoir depuis longtemps à terre.

L’Afrique n’a pas encore des dirigeants à la hauteur des enjeux du moment. Ce sont pour la plupart des gestionnaires d’un quotidien qui les dépasse, et sans idées pour l’avenir. Les institutions régionales, au premier rang desquelles se trouve la CEDEAO, sont justes bonnes pour dépenser et toujours dépenser l’argent collecté par les Etats sur le dos des citoyens, dans d‘interminables réunions souvent sans résultats.  Je ne sais pas quel est le type ou la qualité du matériel militaire utilisé par la France au Mali, mais si nous ne sommes pas capables de l’avoir, à quinze pays réunis, c’est que nous ne méritons pas d’être appelés Etats indépendants. Nos dirigeants doivent rendre à nos peuples leur dignité. Le gouvernement Malien aurait pu épargner à son peuple le spectacle de ces ribambelles d’enfants courant derrière les véhicules français, le drapeau tricolore à la main et scandant « Vive Faranchi ! Faranchi ! Faranchi ! », pour dire «  Vive la France ».  Assurément, François Hollande mérite bien d’être sacré 334ème Saint de Tombouctou.

 L'auteur  Cheikh Tidiane DIEYE
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ENARQUE En Février, 2013 (13:43 PM) 0 FansN°:1
Non moi je crois aussi que nos Etats n'ont pas assez de moyens pour s'acheter de la logistiques des drones portes avions , avions de chaase et autres.POurtant des pays qui ont ,ces dernières années, vu leur pib grimpé en ont profité pour s'acheter de l'armement lourd , je vx parler de l'Algerie et de l'Angola, CES 2 PUSSANCES DU PETROLE ONT INVESTI DE FACON INSOLENTE. QUID DU NIGERIA ET DE LA RDC........

DONC A MON AVIS C UN PEU RELATIF , C VRAI QUE DES ETATS COMME LE MALI NE PEUVENT SE DEFENDRE POUR L'INSTANT, MAIS IL SUFFIT DE PRODUIRE DE L'URANIUM DU PETROLE POUR POUVOIR ETRE EN MESURE DE FAIRE FACE , ET ENCORE L'ARGENT DOIT ETRE UTILISE A BON ESCIENT.
Dieye En Février, 2013 (13:57 PM) 0 FansN°:2
Tres Bien dit.
Leadership! c'est ce qui manque a l’Afrique. Et, c'est surtout les pays d’Afrique francophone qui sont le plus a la traîne.
Dadou En Février, 2013 (14:01 PM) 0 FansN°:3
"L’Afrique n’a pas encore des dirigeants à la hauteur des enjeux du moment. Ce sont pour la plupart des gestionnaires d’un quotidien qui les dépasse, et sans idées pour l’avenir."


Merci, c'est d'une justesse effarante!

Merci pour cette analyse, faite avec clairvoyance et lucidité.

La menace est à nos portes, qu'on arrête de se croire hors de danger. Lâttitude de nos états, la précarité de nos positions font que je me sens de moins en moins en sécurité dans nos Etats. Si seulement la honte pouvait nous servir de susaut salvateur. C'est décidément trop nous demander.
Anonyme En Février, 2013 (14:25 PM) 0 FansN°:4
Contribution pertinente.
Comme vous, j'ai des sentiments ambivalents :
Je rejette cette intervention française et pourtant je suis soulagé que cette bande de coupe-jarrets arabes soit stoppée, face à l'incurie des états africains.
Je vis en Europe et au travail, j’évite de parler de ces événements qui mettent à mal ma fierté.
L’hypothèse d’une recolonisation de l’Afrique suite à un cataclysme qui surviendrait dans un autre pays développé, n’est pas à prendre à la légère.
C’est bien la faim et la misère qui a poussé les européens à envahir les Amériques et l’Australie !!
Nous sommes des poulets dans un poulailler dont la porte est grande ouverte, donc à la merci du premier renard venu.
Anonyme En Février, 2013 (14:29 PM) 0 FansN°:5
"manque de leadership, de vision et d’ambition" votre analyse de nos pantins de leaders et très juste.

il faut ceci dit bien comprendre et surtout mettre en avant que leur boulot consiste à défendre et à faire fructifier les intérêts de la France.

En acceptant cette réalité on évite non seulement d'être déçu par leurs actions, mais surtout on commence à se poser la bonne question.....
Anonyme En Février, 2013 (14:31 PM) 0 FansN°:6
article d une extreme pertinence l afrique n est meme pas encore debout a plus forte raison d etre mal prete a partir alors vive la recolonisation*!!!
Anonyme En Février, 2013 (14:36 PM) 0 FansN°:7
CEDEAO ou U.A :
Il nous faut une armée de 6000 hommes potentiels.
tbien armée,au moins 10 avions de chasse F35 ou rafale, 10 hélicos hind.
Anonyme En Février, 2013 (14:40 PM) 0 FansN°:8
Voila une analyse qui se gargarise de theories fumeuses et qui n'a aucun encrage sur la réalité geopolitique et militaire. Et ce type d'intellectuel qui constitue le mal africain. Quand un probléme se pose on le regle avec les moyens du bord. Quel leadership aurait pu arreter les jihadistes? C'est un principe de rélité qui rattrape les bonnes intentions pour en dessiner les limites.
Le sociologue que tu es, est bien allé hors d'afrique pour etudier et aujourd'hui ne vit que de ces consultations venues de...
Anonyme En Février, 2013 (19:23 PM)0 FansN°: 629102
Mon ami prend une carte de l'Afrique et regarde où se trouve le Mali par rapport à la Libye.
Est-ce que tu sais que le Niger (probablement la France) à détruit des colonnes qui traversées son territoire. Même avec les moyens du bord on pouvait mettre des soldats en appui aux forces Maliennes dès le début de la crise en Libye. Après tout on peut aller à Bamako en train, par la route ou par le fleuve. Le Nigeria a des avions de transport militaire, on pouvait aussi affréter l'avion du Président comme on le fait pour des basketteurs. Rien qu'avec les moyens du bord la CEDEAO pouvait agir comme elle l'a fait en Sierra-Léone.
Encore une fois la question du leadership Africain se pose. La réalité dont tu parles et surement celle des gens qui ne connaissent pas leurs moyens ou sont incapables de trouver des solutions pratiques et simples à leurs problèmes.
Si tu attends d'être au même niveau d'équipement que les occidentaux pour agir, tu te condamnes à ne rien faire.
Moi224 En Février, 2013 (14:45 PM) 0 FansN°:9
Moi, je reprends cette phrase "Mais qui va s’en plaindre ? Même si je suis dévasté par l’idée de devoir ravaler ma fierté pour constater, encore une fois, que le sort de nos pays dépend plus des autres que de nous-mêmes, je suis bien obligé de me réjouir de l’action militaire de la France. Car autrement, les troupes Jihadistes seraient déjà en train de couper des mains à Kayes, avec pour objectif suivant Kidira. "

Mais le défi est simple: il est économique. Concentrons nous sur la production de richesse et l'amélioration de notre situation économique sinon, nous serons d'éternels assistés. Et svp arrêtons de chanter, de danser, de polémiquer sur le support à longuer de temps. Mettons nous un peu au travail.
Anonyme En Février, 2013 (15:16 PM) 0 FansN°:10
Bravo, Monsieur, pour cet article clairvoyant, m^me si, français, je souffre de qulques une de vos réflexions avec lesquelles pourtant au fond de moi-m^me je suis d'accord.
Il y a là un défi à relever. Il est à la fois politique et économique. Permettez-moi de penser que vos politiques n'ont pas vus les vraies priorités économiques. Ils ont plutôt choisi le"paraitre" au lieu de "l'être". Politique spéctacle et non politique alimentaire! J'aime vous lire;
Tiédo fall En Février, 2013 (15:27 PM) 0 FansN°:11
l'auteur de cet article doit être félicité!en fait, le véritable problème des pays africains depuis l'indépendance se résume en deux mots : leurs dirigeants!les pays africains ont la malchance d'être gouvernés par les plus médiocres d'entre eux, es tocards qui n'ont, pour seule préoccupation, que l'enrichissement personnel, l'éternisation au pouvoir.De ce fait, cette plaie qui se trouve à la tête des états africains n'en a cure que nous perdions nos dignités en mendiant le soutien de la france, du moment qu'avec l'argent public, elle s'enrichit et enrichit sa famille.La cedeao et l'union africaine ne régleront rien du tout car composées des mêmes tocards qui gouvernent les états africains!Aujourdhui, cette question malienne doit entraîner un autre printemps, africain cette fois ci!
Anonyme En Février, 2013 (17:34 PM) 0 FansN°:12
Brillante réflexion,

il y a longtemps que je n'ai lu un article d'une telle pertinence et la référence à Darwin tellement bien placée.

Bravo monsieur et vivement vos prochains articles. Merci.
P2s En Février, 2013 (18:10 PM) 0 FansN°:13
Contribution très juste!!
Nit dafay nité En Février, 2013 (18:41 PM) 0 FansN°:14
Sarkozy avait raison de dire à Dakar : " l'homme africain ,la paysan africain n'ai pas suffisamment rentré dans l'histoire" Pourtant des intellectuels s'étaient senti offensés mais force est de constater que s'est une véeité si crue soit elle.
Paco bambara  En Février, 2013 (19:04 PM) 0 FansN°:15
Tu es très prolixe en ce moment cher frère et c'est toujours un plaisir de te lire. jje vais devoir écrire quelques mots puisque le sujet m'interpelle personnellement. Je partage parfaitement ton analyse et il n'a même pas besoin que j'y ajoute mon grain de sel... Mais parler du Mali me pousse à réagir. Je crois que ce qui est arrivé est " la somme de nos lâchetés" et de notre vision de bout du nez. D'abord situons quelques niveaux de responsabilités et disons que le problème aurait pu et devait se régler au niveau malien. Tout pays doit se donner les moyens de défendre son intégrité territoriale, sa population et ses ressources.. C'est une obligation élémentaire. Aucune justification sur les moyens ne sourait nous soustraire a cette obligation. Il quelque peu invoquer l'histoire contemporaine du Mali pour essayer de comprendre ce qui nous arrive. Comment l'armée malienne s'est retrouvée si faible moralement (surtout) mais également matériellement. Cela fut un choix délibéré des régimes démocratiques qui ont succédés à près de 26 de dictature d'un régime militaire. Pour éviter une irruption de l'armée dans la sphère politique, les démocrates ont nommé près de 7 fois plus de généraux de 91 (après la révolution) a 2012 que de 1960 à cette date. Les militaires ont été priés de gérer tranquillement leurs fonds, avantages et privilèges de tout genre et de se tenir tranquilles. J'haborre ces officiers qui ont trahis la patrie et qui...
Anonyme En Février, 2013 (19:33 PM) 0 FansN°:16
"L’Afrique n’a pas encore des dirigeants à la hauteur des enjeux du moment. Ce sont pour la plupart des gestionnaires d’un quotidien qui les dépasse, et sans idées pour l’avenir." j accepte cette affirmation en versant des larme jais honte
Anonyme En Février, 2013 (19:49 PM) 0 FansN°:17
en tout cas cette contribution comporte bien des points sur lesquelles il faut porter une attention accrue
grossomodo, la faiblesse politico-économique de nos états Je crois que la meilleure alternative pour sortir de ce guepier doit etre surtout pour nos dirigeants la mise en avant en toute circonstance de l'interet superieur des nations africainesau grand dam des interets particuliers de quelque homme ou de quelque autre etat etranger que ce soit. D'ailleurs l'interventionnisme francais cache mal les propres interets de l'ancienne puissance colonisatrice
en outre je ne peut m'empecher de souligner le manque de patriotisme régional et d'engagement de la part des "leaders" africains que ce texte laisse apparaitre
Anonyme En Février, 2013 (20:42 PM) 0 FansN°:18
contribution extremement pertinente.
Franco-sénégalais En Février, 2013 (21:46 PM) 0 FansN°:19
Monsieur Tidiane Ndieye, vous êtes brillant et votre texte est d'une réflexion et d'un niveau peu commun sur ce site.Vous vous posez la question des matériels et forces française au Mali, les journalistes ont peu d'infos mais les militaires français sont environ 5000 sur place et 2500 en logistique, c'est à dire la totalité des armées de la CDAO. Les moyens mis en oeuvre n'ont aucune commune mesure avec le problème à résoudre: environ 450 blindés, 22 avions de combat et 38 hélicoptères dont des tigres.La sophistication des matériels de la troisième armée du monde voir 2éme en incluant le nucléaire est telle que tous les pays africains ne pourraient en acquérir financièrement le 1/100, c'est cela le drame. De plus les formations des personnels sont longues et complexes (il y a plus d'ingénieurs que de porteurs de fusils). Cela s'explique par le fait que la France a le deuxième territoire maritime de la planète après les états unis. La question à se poser (ne surtout pas écouter les déclarations des politiques français)c'est pourquoi tout cet arsenal (5%) ! et les bateaux français continuent de décharger dans les ports de Dakar et d'Abidjean. J'aime l'Afrique monsieur et je crois que beaucoup de français aussi et c'est pourquoi je suis vigilant et suis de près ce qui se trame au Mali.
Boy cergy En Février, 2013 (00:19 AM) 0 FansN°:20
Bravo pour cet article très pertinent. Le mot clé est l'indépendance. Les enjeux à l'heure actuelle dans le monde sont l'énergie, la défense nationale et l'affirmation economique. Je ne vois parmi ces trois secteurs où nos pays cherchent à percer. C'est vraiment dommage mais vous écoutez les dirigeants occidentaux et africains, on a l'impression que nous ne vivons sur une même planéte.
Cpt SANOGO En Février, 2013 (01:15 AM) 0 FansN°:21
334éme saint de tombouctou
Boobo mey danel mane lol
Doxondem En Février, 2013 (01:20 AM) 0 FansN°:22
Dèsolè de le dire mais les soit disant leaderships africains ont tous un destin commun:c'est d'etre trahis,malmenès et lachement èliminès par des proches collaborateurs à la solde de l'imperialiste.Voir cas lumbouba,sakar,khadafi et jen pass.Une armèe africaine ,independente khadafi la voulait depuis .Oui c'etait l'unique arabe ou magrèbin qui sentait africain.Si ces wakhabo salafistes sèment la pluie et le bo temps au sahara c'est parce que le lion du desert ny est plus,mi spiace .Wala bok?
Anonyme En Février, 2013 (01:37 AM) 0 FansN°:23
Analyse très intéressante. Le cas du Mali est surtout un problème de continuité du leadership. Au lieu d’avancer, nous avons reculé avec le temps.
L'armée malienne était l'armée la plus équipée jusqu'au début des années 80. L'armée de l'air du Mali détenait des MIG de l’URSS (équivalent des rafales de l'époque). Le pays s'était doté d’école de guerre qui faisait la fierté de toute l'Afrique de l'Ouest. On se bat aujourd’hui avec des équipements acheté il y a près de 40 ans !
La chute de l'armée a commencé en premier par les guerres de leadership au sein de l'armée. Le célèbre ministre de la défense Kissima Doukara a été trahi par son compagnon Moussa Traoré et presque tous les leaders militaires ont été exécutés entre 1978 et 1983.
L'hibernation de l'armée a commencé avec l'arrivée du premier parti politique (UDPM). Sinon, je me rappelle encore durant les fêtes de l'indépendance des parades d’avions de chasse et les avions de transport de troupe Antonov qui larguaient les parachutistes de la force spéciale (les commandos para.). Nous avons eu des missiles de longue portée, des camps militaires sur tous les lieux stratégiques du pays. Malhreuseument nos politiciens, sous l’influence de l’Algérie ont accepté de démilitarisé le nord.
Bref, je m’arrête là pour ne pas être long. Si les choses ne changent pas, même si la France nous donne tous leurs équipements, nous serons encore faibles dans quelques...
Anonyme En Février, 2013 (03:10 AM) 0 FansN°:24
Merci Mister Dieye pour cette contribution pertinente.
Dji faal En Février, 2013 (05:26 AM) 0 FansN°:25
Paco Bambara
Dommage que je ne puisse lire jusqu'au bout ta réaction. Je sais dans quel état cette situation te met et nous aussi. J'imagine ta souffrance, elle est nôtre, elle s'exprime par la belle plume révoltée de Cheikh Tidiane, ou le silence effrayant de frustration de milliers de jeunes africains qui je sais dans peu de temps, vont laisser exploser leur trop plein de colère à la face de leur dirigeants. Et les sauveurs d'aujourd'hui essayeront bien entendu de contenir l'inévitable cri du coeur...Y'EN A MARRE! disait quelqu'un.
Dfdkfdfh En Février, 2013 (06:10 AM) 0 FansN°:26
Quelques Propositions:

1 - Instaurer le service militaire en Afrique pour que nous nous defendions et ayons le sense du patriotisme. L'Afrique sera beaucoup plus envahie de l'exterieure et il faudra bien qu'elle se defende.

2 - Appliquer la theorie de Cheikh Anta Diop a savoir bien s'equiper en armement

3 - Lutter contre la corruption et beaucoup reduire les benefices aux gouvernants. Il n'y a qu'en Afrique qu'on devient riche en travaillant pour le gouvernement
Modou Nguer En Février, 2013 (06:38 AM) 0 FansN°:27
L existence du Mali, du Senegal, du Togo....en tant qu etats est le fondement de cette vulnerabilite Il serait utopique de penser que le Mali, le Senegal ou le Liberia pourrait defender leur territoire de maniere adequate, surtout d' une invasion de l Occident. Le jour ou une jeune dame de Niamey et un gentleman de Durban iront aux urnes contre un Senegalais et un Kenyan pour la presidence/vice presidence da L'Afrique ou tout au moins de L' Afrique noire, alors les cerveaux unis de l' Afrique trouveront un moyen de defender l Afrique
A.FALL En Février, 2013 (07:38 AM) 0 FansN°:28
Moi mon inquietude se situe au niveau des produits que la France va utiliser avec ses armes, et l'aveuglement avec lequel ses bombardements se font. il y aura beaucoup d'innocentes victimes.
Français En Février, 2013 (09:07 AM) 0 FansN°:29
Brillante contribution. Sans concession pour la CEDEAO ou l'UA, et sans concession pour la France, mais qui ne tombe ni dans le manichéisme (non, la France n'intervient pas au Mali par des relents de colonialisme, mais bien pour les raisons que vous avez évoquées), ni dans la théorie du complot, et ni dans les conclusions définitives quant aux difficultés de l'Afrique à s'émanciper dans sa gouvernance. Ce sont des gens comme vous qui, moi Européen, me rendent fiers du Sénégal.
Boy serere En Février, 2013 (11:17 AM) 0 FansN°:30
Très bel article. rien à rajouter

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Cheikh Tidiane DIEYE
Blog crée le 03/01/2013 Visité 117033 fois 10 Articles 1189 Commentaires 5 Abonnés

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